mercredi 2 juillet 2014

Tribune Libre : La nouvelle maladie des patriotes vient d’arriver

 
Une avalanche, un déluge, un tsunami.

De France Inter à Libération, du Figaro à l’Express, du Point à RTL, de Courrier International à Europe 1… c’est l’unité absolue dans les rédactions des médias systémiques français avec l’adoption d’un mot, le nouveau qualificatif des patriotes : « europhobe »

Comme un seul homme, tous les journalistes, les zéditorialistes, les zobservateurs, les zanalystes, les chroniqueurs, les politologues, les sondeurs… bref ceux qui vous causent dans le poste, se sont donné le mot, nous en abreuvent du matin au soir : « europhobes » par ci, « europhobes » par là… vous ne pouvez y échapper : « europhobe » est devenu l’épicentre terminologique de la lutte du système contre le mal absolu  = ces peuples qui ne votent pas bien.

Souvenons-nous.

Avant, c’était quoi ?
Populiste.

Ben oui, « populiste », ça renvoie à « peuple » (le mal absolu, donc), mais avec cette connotation négative, péjorative. On se pince le nez, dans les rédactions, quand quelque chose est « populaire ».

Populiste = Populo = inculte, foule anonyme. Le banal, l’ordinaire, le fade, le ringard.
Populace, avec un « p »  comme pinard, comme péquenaud.

Vous savez, dans le dictionnaire, quand vous cherchiez la signification d’un mot, il y avait, de temps en temps, les 3 lettres « pop », en italique : vous aviez un sens populaire du terme. Parfois, il y avait « vulg » pour vulgaire. La proximité est fâcheuse, mais le raccourci, l’amalgame est tentant pour certains : populaire = vulgaire. Et le tour est joué.

Ne dit-on pas : « Vulgus pecus » : locution pour désigner la multitude ignorante, le commun des mortels, par rapport aux spécialistes . Les spécialistes ce sont eux, dans les rédactions, les omniscients…
Alors, pourquoi diable ne plus recourir à « populiste », qui était tout désigné pour résumer aisément une argumentation qui déplaît au système ?...

Marine Le Pen et la terminologie adéquate

Eh bien, il s’est passée une chose, il y a quelques mois : Marine Le Pen, qui souhaitait qu’on ne dise plus « extrême droite » pour désigner le Front National, indiquait au journaliste qui l’interviewait, qu’on pouvait dire « national » ou « populiste », car populiste renvoyait à peuple et, pour elle, le peuple doit être le seul souverain dans une démocratie.
Elle venait de couper magistralement l’herbe sous le pied du journaliste !
Elle venait de le prendre à contrepied.
A lui et à tous ses collègues, elle venait de faire un croche-pied..

Branlebas de combat dans les médias !
En effet il ne fallait surtout pas, surtout plus, aller dans le sens de Marine Le Pen. « Populiste » au tiroir.
Il fallait trouver autre chose : patriotes, souverainistes trop gratifiants…

Les élections européennes arrivant, l’aubaine s’est offerte : « europhobe » est né et s’est multiplié.

« Europhobe », la trouvaille sémantique du système

Car il fallait trouver un terme qui fait mal : on disait eurosceptiques, mais « sceptique », ça évoque quelqu’un qui réfléchit, qui s’interroge, qui cherche à comprendre… donc, non , « eurosceptique » ne convient pas.
Et quelqu’un a pensé à « phobe » : ben oui.

Souvenons-nous là aussi : il y a eu, au départ, xénophobe (mot qui faisait intelligent, car il ya avait un « x » au début, les petites gens d’en-bas ne comprenaient pas, ne pouvaient pas comprendre, puisque ils étaient le peuple)

Ensuite est venu « islamophobe ».
Puis « homophobe ».
Et, à présent, le quatrième élément de la séquence : « europhobe ».

On peut leur tirer notre chapeau - pardon notre béret - à ces spécialistes d’en haut : en effet, à présent, on a un tableau complet avec une synthèse: le patriote est xéno-islamo-homo-europhobe.
La totale.
Peur ou haine ?

Mais il y avait un problème : le radical « phobe » veut dire « peur ».
Mais qu’importe : le système a réfuté, effacé la signification de ce radical, et l’a décliné en « haine », beaucoup plus pratique.

Voici la définition d’europhobe sur le site du Nouvel Observateur. Exit l’étymologie.
 
 
 
Car il y a un intérêt majeur à utiliser le radical « phobe », même à mauvais escient : « phobe » renvoie à névrose phobique, donc à maladie mentale.

On l’a vu, le patriote est multiphobe : c’est donc un malade, un malade mental, et un malade mental très atteint.

Par conséquent, les électeurs patriotes sont une tribu de zombies décérébrés, un ramassis de crétins, des fous dangereux, qui relèvent de l’enfermement en milieu psy.

CQFD.
Attention à ce qu’ils ne deviennent pas, en plus, "médiaphobes"


Pat Riotte
ou Jean-Bernard Fleck, Responsable de la riposte internet

 

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